Dépenses mixtes de l'ostéopathe : quels frais pouvez-vous déduire ?
Publié le 21 octobre 2026
· 8 min de lecture
· par Laurent Trigano, Expert-comptable, fondateur de CLTP Conseil
Téléphone, voiture, domicile : un ostéopathe peut déduire la part professionnelle de ses dépenses mixtes au régime réel. Découvrez comment la calculer et la justifier.
Les dépenses mixtes d’un ostéopathe correspondent aux frais engagés à la fois pour son activité professionnelle et pour sa vie personnelle. Vous utilisez votre téléphone pour répondre aux patients, votre ordinateur pour gérer les rendez-vous ou votre voiture pour effectuer des consultations à domicile ? Vous êtes directement concerné.
Ces dépenses peuvent représenter un montant significatif sur une année. Pourtant, leur traitement ne se résume pas à conserver une facture ou à payer avec la carte bancaire du cabinet. Il faut identifier l’utilisation professionnelle, choisir une méthode de répartition adaptée et pouvoir expliquer le montant déduit.
Téléphone, Internet, matériel informatique, véhicule et travail à domicile : voici les principaux points à connaître pour organiser votre suivi.
Dépenses mixtes : quels ostéopathes sont concernés par la déduction ?
Cet article concerne principalement les ostéopathes exerçant en entreprise individuelle au régime de la déclaration contrôlée, avec une déclaration de résultat n° 2035.
Au micro-BNC, les dépenses professionnelles ne se déduisent pas individuellement. L’administration applique un abattement forfaitaire de 34 % aux recettes pour déterminer le bénéfice imposable. Vos frais réels ne viennent donc pas s’ajouter à cet abattement.
Si vous exercez en société, le traitement dépend notamment de la structure, de la personne qui supporte la dépense et des modalités de remboursement. Les exemples présentés ici ne doivent pas être transposés automatiquement.
Avant de calculer une quote-part de téléphone ou de loyer, commencez donc par vérifier votre régime fiscal. Cette étape évite de préparer une déduction qui ne serait pas applicable à votre situation.
Quelle part d’une dépense mixte peut-on déduire ?
Le principe est de séparer la fraction professionnelle et la fraction personnelle. Le BOFiP prévoit cette ventilation pour les dépenses à usage mixte.
La difficulté consiste surtout à choisir un critère adapté à chaque dépense. Pour préparer votre suivi, vous pouvez raisonner ainsi :
Dépense
Critère de répartition à examiner
Téléphone
Utilisation professionnelle de la ligne
Internet
Utilisation liée à l’activité au sein du foyer
Voiture
Kilométrage professionnel et méthode fiscale retenue
Logement
Surface réellement affectée au travail et usages de la pièce
Ordinateur
Utilisation professionnelle et personnelle du matériel
Le même pourcentage ne convient pas nécessairement à toutes vos dépenses. Une activité avec de nombreux déplacements à domicile peut justifier une utilisation importante du véhicule, sans que cela explique une utilisation équivalente de la connexion Internet familiale.
Téléphone et Internet : comment déterminer l’usage professionnel ?
Un abonnement téléphonique utilisé pour les patients et les proches
Votre téléphone peut servir à confirmer des rendez-vous, rappeler des patients, contacter vos fournisseurs ou échanger avec votre expert-comptable. Il reste souvent utilisé dans votre vie quotidienne.
Pour préparer votre répartition, examinez vos usages sur une période représentative : appels, messages, agenda professionnel et applications nécessaires au cabinet. Conservez ensuite une note expliquant votre estimation.
Exemple : votre abonnement coûte 30 € par mois, soit 360 € par an. Si une utilisation professionnelle de 60 % est justifiée, la fraction professionnelle représente :
360 € × 60 % = 216 € par an.
Les 60 % constituent ici une hypothèse d’exemple, pas un taux admis automatiquement.
Une ligne dédiée au cabinet peut simplifier le suivi. Elle présente aussi un intérêt pratique pour séparer les échanges avec les patients et les communications personnelles.
Une connexion Internet partagée avec le foyer
Pour Internet, interrogez-vous sur les tâches réellement effectuées à domicile : suivi administratif, comptabilité, formation ou gestion du site du cabinet.
L’utilisation de la connexion par les autres membres du foyer doit également entrer dans votre réflexion. Évitez de reprendre mécaniquement le pourcentage retenu pour votre téléphone : les usages peuvent être très différents.
Ordinateur et matériel : distinguer répartition et amortissement
Un ordinateur portable peut servir à gérer votre activité, mais aussi à regarder des films ou à organiser vos vacances. Deux questions doivent alors être examinées séparément :
Quelle proportion de son utilisation concerne votre activité ?
Son achat doit-il être enregistré directement en charge ou faire l’objet d’un amortissement ?
Un équipement destiné à être utilisé durablement peut relever des immobilisations. Son coût est alors réparti sur sa durée d’utilisation, sous réserve des règles et tolérances applicables. Un achat professionnel n’est donc pas toujours déductible intégralement dès son paiement.
Avant de transmettre la facture à votre comptable, précisez l’usage prévu du matériel, sa date de mise en service et l’existence éventuelle d’un autre équipement personnel. Ces informations facilitent le choix du traitement comptable.
Le même raisonnement peut concerner une tablette, une imprimante ou certains accessoires utilisés à la fois au cabinet et chez vous.
Voiture : comment suivre les déplacements professionnels ?
Votre voiture peut vous accompagner chez les patients, entre plusieurs cabinets ou lors d’une formation. Elle sert également pour vos déplacements privés.
Choisir entre frais réels et barème kilométrique
En BNC, les frais de voiture peuvent, selon les conditions applicables, être pris en compte pour leur montant réel ou évalués au moyen du barème kilométrique. Le choix doit être examiné en tenant compte du véhicule et de ses modalités de détention ou de location.
Le barème comprend déjà plusieurs coûts, notamment le carburant, l’assurance, l’entretien et la dépréciation du véhicule. Vous ne devez donc pas ajouter une seconde déduction pour ces mêmes dépenses.
Préparer un relevé exploitable
Pour faciliter le calcul et les vérifications, notez régulièrement :
La date du déplacement.
Le point de départ et la destination.
Le motif professionnel.
La distance parcourue.
Un tableau tenu chaque semaine sera généralement plus facile à fiabiliser qu’une reconstitution de tous vos déplacements au moment de préparer la déclaration annuelle.
Pour les consultations à domicile, utilisez une référence permettant de rapprocher le déplacement de votre agenda, tout en limitant les informations personnelles sur les patients.
Examiner séparément les trajets domicile-cabinet
Ces trajets obéissent à des règles particulières. En BNC, un éloignement supérieur à 40 kilomètres nécessite notamment d’examiner les circonstances justifiant la distance pour déterminer l’étendue de la déduction.
Si votre domicile est éloigné du cabinet, signalez-le à votre expert-comptable avant de retenir l’intégralité du kilométrage.
Travail à domicile : peut-on déduire une partie du loyer ?
Vous préparez vos documents, suivez votre comptabilité ou gérez vos rendez-vous depuis votre logement ? Identifiez précisément l’espace utilisé avant de calculer une quote-part.
Exemple : vous disposez d’un bureau de 8 m², exclusivement affecté à votre activité, dans un appartement de 80 m². Il représente 10 % de la surface totale.
Avec un loyer mensuel de 1 000 €, hors charges, le calcul fondé sur cette hypothèse serait :
1 000 € × 12 mois × 10 % = 1 200 € par an.
Cet exemple suppose que l’affectation professionnelle annoncée correspond à la réalité.
Un bureau également utilisé comme chambre d’amis ou espace familial demande une analyse supplémentaire. La seule présence d’un ordinateur professionnel ne suffit pas à considérer toute la pièce comme exclusivement professionnelle.
Vous êtes propriétaire
Ne remplacez pas simplement le loyer de l’exemple par votre mensualité d’emprunt. L’acquisition du logement, son financement et son éventuelle affectation professionnelle soulèvent des questions différentes.
Présentez votre situation avant toute comptabilisation : mode de détention, financement, surface utilisée et projet de conservation du bien.
Électricité et autres dépenses du logement
La DGFiP cite notamment le loyer, l’électricité et l’abonnement téléphonique parmi les dépenses pouvant nécessiter une répartition entre usages professionnel et personnel.
Préparez les factures correspondantes, mais évitez d’appliquer un taux unique à tous les postes sans examiner ce qu’ils financent réellement.
Quels justificatifs conserver pour vos dépenses mixtes ?
Pour rendre votre dossier compréhensible, organisez les documents autour de trois questions : qu’avez-vous payé, pourquoi cette dépense concerne-t-elle votre activité et comment avez-vous calculé sa fraction professionnelle ?
Vous pouvez créer un dossier annuel contenant les factures et une fiche de calcul par catégorie.
Par exemple, votre fiche « téléphone » pourra indiquer le coût annuel de l’abonnement, le pourcentage retenu, les éléments utilisés pour l’estimer et le montant transmis en comptabilité. Votre fiche « logement » pourra regrouper les surfaces, l’usage des pièces et les calculs correspondants.
Cette organisation vous permet également de retrouver rapidement une hypothèse lorsque votre activité évolue.
Les erreurs à éviter dans le suivi de vos frais
La première erreur consiste à choisir un pourcentage par habitude, puis à l’appliquer à tous les postes. La deuxième est de reconduire une estimation alors que les usages ont changé.
Prenez l’exemple d’un ostéopathe qui cesse les consultations à domicile pour travailler uniquement au cabinet : son ancien suivi automobile ne correspondra plus nécessairement à sa nouvelle organisation.
Autre point à surveiller : les doublons. Une facture peut avoir été importée automatiquement dans votre logiciel, puis transmise une deuxième fois avec un relevé de dépenses. Un contrôle régulier permet de repérer ces situations avant la clôture.
Enfin, le compte bancaire utilisé ne détermine pas, à lui seul, la déductibilité. Le lien avec l’activité et les justificatifs restent essentiels.
CLTP Conseil vous accompagne dans le suivi de vos dépenses
Les dépenses mixtes méritent un suivi simple, adapté à votre façon de travailler. L’objectif est de disposer de calculs compréhensibles et de pièces faciles à retrouver.
Vous utilisez les mêmes équipements pour votre cabinet et votre vie personnelle ? Faites le point sur leur traitement lors de votre prochain échange comptable.
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