Salaire d'un ostéo : revenu net selon 3 niveaux d'activité
Publié le 04 novembre 2026
· 7 min de lecture
· par Laurent Trigano
Selon notre simulation, un ostéopathe libéral dégage entre 1 450 € et 3 400 € nets par mois avant impôt, selon son niveau d'activité. À 25 séances par semaine à 60 €, cela représente environ 67 500 € de recettes par an et 2 430 à 2 730 € nets par mois après charges et cotisations. En libéral, on parle de bénéfice, pas de salaire.
Les « salaires moyens » que l'on trouve parfois en ligne mélangent chiffre d'affaires, bénéfice et net. Voici le calcul complet, hypothèses à l'appui.
En bref
Le revenu d'un ostéopathe dépend de trois facteurs : le nombre de séances, les charges et le régime fiscal.
Dans la simulation, le net mensuel avant impôt va d'environ 1 450 € (15 séances par semaine) à environ 3 400 € (35 séances).
Le plafond du micro-BNC est revu chaque année, et le niveau 3 (94 500 € de recettes) le dépasse dans tous les cas.
Le micro paraît plus avantageux avant impôt, mais sa base imposable est bien plus élevée.
Les cotisations de début d'activité sont régularisées plus tard : il faut les provisionner.
Du chiffre d'affaires au revenu net : ce qui sépare les deux
Le chemin tient en quelques lignes. Vos recettes (les honoraires encaissés), moins les charges professionnelles, donnent le bénéfice. Retirez les cotisations sociales : vous obtenez le revenu avant impôt. Retirez enfin l'impôt sur le revenu, et il reste ce qui arrive vraiment dans votre poche.
Deux particularités simplifient le début du calcul. Vos séances ne sont pas remboursées par l'Assurance maladie, donc le tarif est libre. Et les soins d'un praticien autorisé à utiliser le titre d'ostéopathe sont exonérés de TVA : le BOFiP renvoie à l'article 261-4-1° du CGI. Pas de TVA à ajouter à vos honoraires.
Côté tarif, SMATIS relève une moyenne de 55 à 65 € la séance en France, un peu plus dans les grandes villes. Notre simulation retient 60 €.
Les charges et cotisations qui réduisent le revenu
Les charges comprennent le loyer du cabinet ou la rétrocession d'honoraires, l'assurance RCP, la CFE, le logiciel de gestion, la table, la formation, les frais de véhicule et la cotisation à une association ou un syndicat professionnel. Le détail est dans notre article sur les charges déductibles et le choix du régime fiscal de l'ostéopathe.
Pour les cotisations, l'ostéopathe relève de la CIPAV : retraite de base, retraite complémentaire et invalidité-décès. L'URSSAF collecte l'ensemble et gère la maladie, les allocations familiales et la CSG-CRDS. À cela s'ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP), prélevée sur le chiffre d'affaires en micro-entreprise, dont le taux est à vérifier sur le site de l'URSSAF.
Micro-BNC ou déclaration contrôlée : quel impact sur le net ?
En micro-BNC, l'impôt part de vos recettes, diminuées d'un abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €). Vos charges réelles ne sont pas déductibles, mais vous les payez quand même. Les cotisations se calculent sur le chiffre d'affaires, au taux en vigueur pour les professions CIPAV, à vérifier sur le site de l'URSSAF. Un versement libératoire de l'impôt (2,2 % du chiffre d'affaires, sous conditions de revenu du foyer) reste possible.
En déclaration contrôlée (liasse 2035), c'est l'inverse : vous déduisez vos charges réelles, et les cotisations portent sur le bénéfice. La comptabilité devient obligatoire. Pour trancher, notre article sur quel statut juridique choisir pour son cabinet complète ce point.
Une règle courante veut que la 2035 devienne plus intéressante quand les charges dépassent environ 34 % des recettes. Elle ne vaut que pour la base imposable. Le tableau plus bas montre pourquoi il faut raisonner après impôt.
Plafond du régime micro : à partir de quand il ne s'applique plus
Le seuil de recettes est fixé chaque année par la loi de finances ; vérifiez le montant en vigueur pour votre année d'activité. Si vos recettes le dépassent deux années consécutives, vous sortez du micro. Vous pouvez aussi opter pour la déclaration contrôlée en restant sous le seuil.
Simulation : revenu net d'un ostéopathe à 3 niveaux d'activité
Hypothèses : 60 € la séance, 45 semaines travaillées, charges réelles de 28 % des recettes (dans la fourchette de 25 à 30 %). Cotisations micro : 23,4 % des recettes (hypothèse de simulation, taux à vérifier sur le site de l'URSSAF pour l'année en cours). Cotisations en 2035 : 40 % du bénéfice, une hypothèse de travail et non un taux officiel, qui varie selon le revenu. Impôt exclu, car il dépend du foyer fiscal.
Niveau
Recettes
Charges
Cotisations micro
Net micro (annuel / mensuel)
Cotisations 2035
Net 2035 (annuel / mensuel)
1 : 15 séances/sem.
40 500 €
11 340 €
9 477 €
19 683 € / 1 640 €
11 664 €
17 496 € / 1 458 €
2 : 25 séances/sem.
67 500 €
18 900 €
15 795 €
32 805 € / 2 734 €
19 440 €
29 160 € / 2 430 €
3 : 35 séances/sem.
94 500 €
26 460 €
22 113 €
45 927 € / 3 827 € (théorique)
27 216 €
40 824 € / 3 402 €
Avant impôt, le micro semble gagnant. Regardez pourtant la base imposable au niveau 2 : 44 550 € en micro (66 % des recettes), contre environ 29 160 € en 2035, parce que les cotisations y sont déductibles. À une tranche marginale de 30 %, l'écart d'impôt dépasse 4 600 €, soit plus que les 3 645 € d'avantage du micro avant impôt. Retenez-le comme un ordre de grandeur, pas comme le calcul de votre foyer.
Au niveau 3, les recettes de 94 500 € dépassent le plafond. La déclaration contrôlée finit par s'imposer, et la colonne micro reste théorique.
Quel revenu espérer en début d'installation ?
Une patientèle se construit sur plusieurs mois. Partez du niveau 1 pour la première année, parfois en dessous. Les cotisations de début d'activité sont provisionnelles et forfaitaires, puis régularisées une fois votre revenu connu. Mettez de côté une part de chaque encaissement pour cette échéance : elle surprend beaucoup de jeunes installés.
L'ACRE allège les cotisations la première année, sous conditions. Pour un micro-entrepreneur, l'exonération est de 50 % avant le 1er juillet 2026 et de 25 % pour les créations ou reprises à partir de cette date. La demande doit être faite dans les 60 jours suivant le début d'activité.
Six leviers pèsent sur votre net : le tarif, le remplissage de l'agenda, le coût du local, le nombre de cabinets, le régime fiscal et l'anticipation des cotisations. Dans la simulation, passer de 25 à 35 séances par semaine rapporte environ 11 700 € nets par an en 2035, soit plus que l'écart entre les deux régimes au niveau 2 (environ 3 600 € avant impôt) ; une régularisation non provisionnée, elle, peut peser lourd sur la trésorerie.
Un expert-comptable qui maîtrise l'ostéopathie sert précisément à cela. Il simule le régime le plus favorable pour votre situation et chiffre la trésorerie à prévoir. Le premier échange de 30 minutes est gratuit.
Questions fréquentes
Quel est le salaire mensuel net d'un ostéopathe débutant ?
En libéral, il n'y a pas de salaire, mais un bénéfice. Dans notre simulation, un débutant à 15 séances par semaine dégage environ 1 450 à 1 650 € nets par mois avant impôt. Le chiffre varie avec vos charges et votre régime.
Combien de patients par jour voit un ostéopathe libéral ?
Sur cinq jours travaillés, 15 séances par semaine font 3 patients par jour, 25 séances en font 5 et 35 séances en font 7. Ce sont les trois niveaux de la simulation, avec 45 semaines travaillées.
Quel est le taux de cotisation d'un ostéopathe en micro-entreprise ?
Il se calcule sur le chiffre d'affaires, au taux en vigueur pour les professions relevant de la CIPAV, auquel s'ajoute la CFP ; vérifiez les taux de l'année sur le site de l'URSSAF. Le versement libératoire de l'impôt, de 2,2 %, est facultatif et soumis à des conditions de revenu.
Un ostéopathe doit-il cotiser à la CIPAV ?
Oui. L'ostéopathe libéral y cotise pour la retraite de base, la retraite complémentaire et l'invalidité-décès. L'URSSAF collecte les cotisations et gère aussi la maladie, les allocations familiales et la CSG-CRDS.
Quel est le plafond du micro-BNC pour un ostéopathe ?
Il est fixé chaque année par la loi de finances : vérifiez le montant en vigueur pour votre année d'activité. Deux années consécutives au-dessus, et vous basculez en déclaration contrôlée. Le montant étant revalorisé périodiquement, vérifiez-le chaque année.
Un ostéopathe paie-t-il la TVA sur ses séances ?
Non, si le praticien est autorisé à faire usage du titre d'ostéopathe. Les soins sont exonérés de TVA au titre de l'article 261-4-1° du CGI, et la facture porte cette mention.
Simuler votre revenu réel avant de choisir
Reprenez le tableau avec vos vrais chiffres : votre tarif, vos semaines travaillées, votre loyer. Comparez ensuite les deux régimes après impôt, pas seulement avant. C'est le calcul que CLTP Conseil refait avec vous lors d'un premier échange gratuit de 30 minutes : estimer votre revenu, choisir entre micro-BNC et 2035, et prévoir la trésorerie de la régularisation CIPAV et URSSAF.
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